Le cas de Mr G.
Mr G. a été victime d'une entorse bénigne à la cheville en Italie pendant ses vacances ; à son retour en France, il a consulté car la douleur persistait. Le chirurgien lui a affirmé qu'il était nécessaire d'opérer pour réparer les ligaments : l'intervention a lieu et le patient constate, lorsque les effets de l'anesthésie se dissipent, qu'il souffre beaucoup et ressent des phénomènes de chocs électriques dans le pied : il s'avère que le nerf a été touché pendant l'opération, ce qui produit des douleurs neurologiques, très intenses, définitives et rétives à toute forme d'antalgiques.
Le patient, très handicapé du pied concerné, ne peut pas reprendre son travail ; il doit marcher avec une canne et souffre de douleurs quasi permanentes.
L'expertise permettra de démontrer que l'opération était inutile et que du repos et une rééducation auraient suffi ; par ailleurs le praticien a utilisé un bistouri électrique, inadapté dans le cas où on opère à proximité d'un paquet de nerfs, sans respecter de surcroît la procédure requise en la matière, consistant à bien définir avant d'inciser l'emplacement du nerf, précisément pour ne pas le toucher. Une seule de ces trois fautes aurait été suffisante pour engager la responsabilité !
440 000 € d'indemnisation. Il avait été accordé 106 000 € en première instance (somme multipliée par 4 en appel) et la proposition initiale de l'assurance était environ dix fois plus basse que le résultat finalement obtenu.
